Le Matériel et le Son du Guitariste

Je lis et entends souvent que le son du guitariste est dans les doigts. C’est vrai mais cette affirmation n’est pas complètement satisfaisante.

La semaine dernière j’ai assisté à l’enregistrement d’une vidéo pédagogique co-produite par Radio France et l’Air d’U, web TV de l’Université de Rennes (pour un module d’enseignement de licence pro audiovisuel). Le sujet était la capture du son de la guitare. L’ensemble a pris la forme d’une discussion entre Pascal Besnard, ingénieur du son à Radio France, et Jean Michel Kajdan, guitariste qu’on ne présente plus. C’était une expérience très enrichissante et je relaierai la vidéo une fois qu’elle sera en ligne.

Au-delà des astuces d’enregistrement que j’ai pu glâner, il y a un point qui a été soulevé qui me semblait intéressant : l’enjeu d’une bonne captation de son est de retranscrire le plus fidèlement le son du guitariste que ce soit sur disque ou en performance live. Jean Michel Kajdan et Pascal Besnard ont insisté sur le fait qu’une fois que le guitariste à trouvé sa propre voix alors il ne faut absolument pas déconner en la dénaturant à l’enregistrement. Bien sûr, le concept même de son du guitariste est quelquechose d’évolutif. Il change en même temps que la progression du guitariste.

Le son est dans les doigts grâce à ce qu’on apprend, la façon dont on le joue. Mais le son est également dans le matériel… Il dépend fortement de la guitare utilisée, du médiator (ou son absence), la chaîne d’effets, l’amplificateur, le micro utilisé pour capter le son. Il dépend même de la personne qui va mixer la chanson en fin de chaîne.

Du coup, je me dis que le son n’est peut-être pas dans les doigts après tout… Tout comme une voix peut-être magnifiée par un microphone particulier ou quelques effets subtils, le son du guitariste peut-être amélioré voire construit autour de l’expérimentation avec le matériel. Evidemment, il vaut mieux commencer avec une voix potable, et c’est le premier aspect à travailler en apprenant les fondamentaux. Mais au bout du compte, on se retrouve toujours à expérimenter des palettes entières de matos!

Trouver sa propre voix… Cela me semble être la finalité de le pratique de la guitare. C’est d’ailleurs pour cette raison que je suis souvent étonné de voir la plupart des guitariste vouloir le son de mettre-le-nom-du-guitariste-concerné. C’est également la raison pour laquelle je suis toujours dubitatif devant le fait que les guitares d’entrée de gamme (i.e. supposées être pour les débutants) sont forcément des clones de Stratocaster ou de Les Paul!

Cela ne me paraît pas être le meilleur point de départ pour trouver sa propre voix, non?

Désolé pour la qualité de ces photos prise avec un téléphone, j’avais oublié mon APN.

A propos de Sem

Taulier de Muzicosphère et créateur de GAS a GoGo, fournisseur de G.A.S. depuis 2010, et de Guitar Fail, fournisseur de LOL guitaristique depuis 2011.

3 commentaires

  1. J’imagine que si tant de gens cherchent à obtenir un son particulier, c’est aussi parce qu’obtenir un bon son est souvent très difficile.
    Il m’est arrivé de nombreuses fois de bidouiller mon POD pendant des heures, trouver un son qui me plait et enthousiasmant avant d’aller le coucher, et le lendemain, me demander comment j’ai pu apprécier ce son.
    C’est très subjectif, dépend de l’humeur, etc.

    Alors que l’avantage des sons d’artistes, c’est qu’on sait déjà qu’on les aime bien, c’est rassurant, ils ont été façonnés par des gens meilleurs que nous (et généralement ils ont été bien mixés et égalisés ^^), donc ça sonne « bien ».
    On a l’impression que ce sera plus facile à obtenir (alors que clairement, c’est sûrement plus difficile d’avoir un son « comme machin » satisfaisant, plutot qu’un son qui nous plait).

    Mais je ne vois pas forcément cela comme un mal.
    Personnellement j’ai commencé comme ça. Et puis au bout d’un moment, on se dit qu’avec un peu plus de ceci ou cela, ça sonne mieux. Et au final on se retrouve avec un son différent, son propre son.
    C’est pas plus mal de partir d’une base (surtout si elle est bonne).
    De la même manière qu’on commence généralement à apprendre la musique en jouant les créations des autres pour finir, parfois, par créer soi-même à partir d’influences diverses.

    Du coup je suis moi-même pas vraiment convaincu par la réponse concernant les doigts des guitaristes :) .
    Je pense que ca joue beaucoup sur le petit plus, sur le feeling derrière le son, mais il est indéniable que le matériel a un impact énorme.
    je pense qu’il y a tellement de variables qui jouent, que c’est juste une réponse facile à une question difficile. Plutôt que de dire « tu dois avoir tel matériel, tel réglage, tels câbles, de telle longueur, tels micros, tel interface / table de mixage, tel EQ, tel salle de répétition avec tel mobilier… » pour avoir le son de mon-artiste-préféré sur tel album.

  2. samedi, j’avais un son de merde, mais c’était ma faute. sinon, le joli son peaufiné à la maison n’est plus rien sur scène. il faudrait pouvoir toujours préparer ses sons sur scène, et pas à la maison. les conditions acoustiques sont tellement différentes

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